Passer un plateau : les conseils du tonton

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Comment passer un plateau ? Les conseils du tonton.

 En direct depuis l’île de Vancouver.

Les plateaux…ces fameux plateaux tant redoutés, finissant par s’imposer d’eux-mêmes, et jamais au bon moment.

De nature professionnelle ou dans la vie personnelle à différents étages, les plateaux arrivent fréquemment au cours d’une vie.

Commençons par s’entendre avec ce mot, bien que chacun puisse avoir sa propre définition, voilà comment je définirais personnellement un “plateau”:

Période de temps prolongée, allant souvent de quelques semaines à plusieurs mois, donnant à la personne l’acerbe sentiment de stagner dans la vie ou dans un domaine particulier.

Dans la vie professionnelle le plateau peut aller du sentiment de faire tous les jours la même chose (ou effectivement, faire tous les jours la même chose sans prendre de plaisir) en passant par l’impression que cette promotion n’arrivera jamais, ou encore; que bien que les collègues soient sympas et drôle, ça ne suffit plus.

Dans la vie personnelle, les plateaux peuvent concerner ta vie relationnelle, où le ou la partenaire n’est plus celle ou celui qu’il ou elle était avant, mais ça fait bien longtemps déjà; que tu restes avec la même personne “parce que ça m’arrange”.

Ces mêmes plateaux peuvent survenir dans dans ton développement personnel, lorsque tu ne sens que plus rien n’avance et “que ça me fait chier merde”.

Enfin, dans ton sport, les plateaux sont bien évidemment ceux qui frustrent tout le monde : aucun progrès visible, la balance ne bouge pas (alors que ton alimentaire est béton…Non ? C’est cadeau), tu n’arrives toujours pas à passer la 20e traction, ou pire même; c’est parfois le sentiment de régresser qui s’installe.

Dans cet article, je ne vais pas te remplir les écoutilles avec mon jargon scientifique, plutôt mes conseils pour aller au-delà de ce plateau et avancer; retrouver ce sentiment de satisfaction, doux sentiment que celui du devoir accompli.

1- Identification

La première chose qu’il faut apprendre à faire, c’est identifier ce qui est à l’origine de ce sentiment.

Aussi évolués que nous soyons, nous restons très primaires (au sens, de notre nature première, donc rien de péjoratif), et le cerveau en plus de fonctionner sur des mécanismes de récompenses; comme la consommation de sucre et le bien-être, la satisfaction immédiate, notre attirance vers les intoxicants, etc.. ; nous avons également la mémoire courte, qu’elle puisse être spatiale ou temporelle.

L’identification consiste à cerner, simplement poser des mots sur cet objet et comprendre ce que c’est. Les personnes ayant du mal à identifier leurs frustrations tombent souvent dans deux catégories :

  • Celles étant peu sûres d’elles-même, et ne parvenant pas encore à affronter certaines pensées ; pour diverses raisons. C’est souvent une simple peur du changement ; sinon le sentiment que quelque chose de grave va se produire. Par exemple ; rompre avec ton ou ta partenaire.
  • Celles ne sachant simplement pas. Par exemple, des personnes se disent “stressées de nature”, mais c’est souvent la somme de beaucoup de choses accumulées et entassées qui finissent par s’imposer d’elles-mêmes, l’exception devient alors la norme.

Je pense par exemple aux nombreuses personnes qui m’ont expliqué à plus d’une fois “qu’elles ne se sentaient pas à la hauteur”. Alors ce plateau est plus comme un ressenti général plus qu’une chose précise.

Alors, tu t’assois 10 minutes, tu prends un papier et tu vas répondre à la question suivante : 

“Que voudrais-je voir disparaître de ma vie ?”

La subtilité de cet exercice : être concis et bref. Idéalement un mot ou deux qui répondraient à la question. Prends le temps de réfléchir avant de commencer à répondre. Et même si il est tentant de transformer cette réponse en une montagne farfelue d’Atèles, tous aussi plus fous les uns que les autres; parce qu’ils auraient découvert un shaker de protéines perdu sur la canopée.

Non vraiment; un mot ou deux.

Le plus dur à mon sens pour ce travail d’identification, n’est pas la tournure à trouver….sinon le fait qu’il peut-être effrayant de poser le mot.

  • “Mon mari”
  • “Mon boulot”
  • “Mon corps”

 Le but de l’exercice est de prendre “son” temps, celui dont finalement on se réclame peu pour diverses raisons.

L’identification est intéressante, elle permet de gagner une confiance en soi supplémentaire, ne serait-ce qu’avoir réussi à poser le mot sur le papier, est excellent en soi.

Maintenant que l’on sait ce qui alimente ce sentiment de frustration, on peut passer à la…

2- Préparation

Et puis, il te faut un plan d’action, pour aller au delà de ce plateau. Le plan ? Te faire sortir de là le plus vite possible tout simplement; que tu retrouves ta fugacité ou ta créativité d’antan ; là où le soleil couchant était tout aussi agréable que ces abricots d’été.

La préparation, on peut le considérer comme “bon comment faire pour ne pas trop y laisser mes plumes ?

Il y a plusieurs techniques pour éviter d’y laisser ses plumes, dont la préparation justement. C’est aussi une bonne dynamique à cultiver, parce qu’au fil des années elle fera de toi un stratège plus qu’un pigeon.

Ici, il s’agit pour toi de visualiser; d’imaginer la scène se dérouler sous tes yeux, par exemple la confrontation avec le chefaillon de service ou avec ton ou ta partenaire. Dans cette visualisation, il n’y a que toi qui t’exprimes ; l’autre est muet et écoute ce que tu as à dire.

La subtilité ici, c’est de prendre un ton respectueux et courtois; tout simplement parce que je considère simplement que parler sur le coup de la colère, c’est perdre son crédit, et finir en autoritaire, incapable d’entendre ce que les autres ont à dire.

Dans cette scène, tu es assis ou assise face à la personne, ou les personnes ; et tu es le centre de l’attention. Les bouches fermées, les regards portés vers toi; tous attendent ce joyaux de vérité, magnifique gemme agate. 

Tu ne sens aucune pression autour de toi, et l’air est chargé d’une douce ambiance. Quand tu es prêt(e), ils le sont aussi.

“Je n’ai pas aimé la manière dont…. je trouve que…… il faut que….. même si…..” ; maïeutique à son paroxysme.

Tu peux la répéter autant de fois que tu veux, prendre des notes, observer ton propre raisonnement.

Est-ce fidèle au message que tu veux faire passer ? Les mots sont-ils les bons ? Est-ce qu’après avoir exprimé ton point de vue, tu t’es senti plus légèr(e) ? Bref…la vérité a elle été exprimée ?

La préparation est aussi l’occasion de considérer ses options, par exemple, annoncer son départ ou quitter son ou sa partenaire.

Ou vas-tu dormir ? Est-ce que financièrement ça ira pour le mois qui arrive; etc… bref, c’est là que le pigeon n’est plus.

Sur le plan de la performance ou du sport en général, qu’il s’agisse de la perte de poids, ou l’apparence qui ne bouge pas ou peu ; c’est un peu différent: et ce pour au moins deux raisons :

La première, tout simplement des facteurs physiologiques. Je m’imagine mal assis à la table hormonale et demander à ma testostérone de se démerder pour aller plus vite, ou à ma leptine de se calmer.

On verra à l’étape suivante comment gérer ce cas de figure.

Le deuxième à laquelle je pense est bien évidemment la désillusion, ou voir ce qui n’est pas. Par exemple penser que l’on n’est pas assez bon; que les choses ne vont pas assez vite; que ça n’est jamais assez. Oh doux pêché véniel que celui de la cupidité ontologique de l’Homme.

 Si tu tombes dans cette dernière catégorie; pose-toi la question suivante :

“Qu’est-ce que le assez ?”, “Et dans mes rêves, je courrais à combien de kilomètres à l’heure ?”

Et dans mes rêves, je courrais à combien de kilomètres à l'heure ?"
Et dans mes rêves, je courrais à combien de kilomètres à l’heure ?”

L’idée ici est de mieux cerner simplement ce que tu veux. Qu-est-ce qui t’apporterais la satisfaction, celle te laissant le doux sentiment d’avoir “réussi” ?

La réponse à la question se trouve dans l’étape 1.

Les athlètes professionnels le font souvent pour trois choses :

  1. Repousser leurs limites et vouloir faire mieux que les autres.
  2. Des raisons financières.
  3. Ou bien simplement l’avantage des jambes au détriment de celui du cerveau; et le sport devient alors leurs voix.

Mais je digresse.

 L’idée,c’est aussi de comprendre qu’il y a là des facteurs qui nous échappent – c’est à dire rien qu’il ne soit possible de rattraper par tes actions.

La préparation permet aussi de mieux cerner les différentes variables ; par exemple faire comprendre clairement ce que l’on attends d’une personne. Cette dernière ne peut pas le deviner ; peut être même qu’elle lis l’article en même temps que toi (sursonnouveausitepréféréfitforlifecesttropbien)

Et oui ! avant de prêter de mauvaises intentions (ou intentions tout court) à la personne, peut-être qu’en discuter simplement évitera le point évoqué plus haut, celui de la désillusion.

Maintenant que l’on sait quoi dire, quoi faire, ou que l’on a cerné la nature des dits facteurs; on peut passer à l….

3- Action

Après tout, si tu as identité ce qu’il faut changer, et que le plan est béton ; tu peux passer à l’action.

Sur le plan professionnel, tu peux envoyer un mail pour demander un entretien. Bien évidemment que cet entretien ne se passera pas comme tu l’as joué dans ta tête, et ce parce que tu devras entendre à ton tour ce que l’autre te diras. Peut-être le fera-t-il sur un ton agressif ; de tristesse peut-être. Quoi qu’il en soit les mots ont leurs impacts. Alors que dans la préparation il s’agissait de valider pour soi-même ce que l’on voulait dire; il s’agit ici de réaliser qu’il y a des humains en face (peut-être des singes, en fonction du type de réactions). Si les personnes sont un peu manipulatrices, garde en tête le message que tu veux faire passer, rappelle-toi ce qui te donnera l’impression d’avoir dit ce que tu avais à dire.

 Si il s’agit d’un cadre personnel, explique simplement à la personne que tu aimerais parler une heure avec elle.

Le ton est à la franchise et à l’ouverture. Peu de détours; le mouton va saigner ce soir !

Même si il s’agit ici d’une conversation amicale, ou amoureuse; cela ne doit aucunement occulter ton expression. “Je ne veux pas le ou la blesser” est le trop fin détour de quelque chose de plus douloureux encore pour les deux partis.

Pour les sportifs (pourtant cet article était parti de cette simple question à la base) ; si il s’agit du facteur physio-psychologique, ce que je trouvé de plus efficace est le déload. Qui peut aller jusqu’à deux semaines. Je ne dis pas de manger comme le Roi-Soleil; mais plutôt de se déconnecter. Avoir la tête dans le guidon nous fait souvent rater quelque chose ; j’ai dit ce matin à mon amie “Je crois que dans tout ça, parfois on pense bien faire; avant même d’avoir défini le mot“. 

Le système nerveux te remercieras, tu pourras te changer les idées, et tu auras aussi une meilleure compréhension de ce que tu attends. Et toi; qu’attends-tu du sport ?

Il nous reste alors la caste des désillusions; drôle de monde ou le réel côtoie le fantastique, ou le cerveau flotte dans les doux champs éthériques, là où l’on est TROP mais JAMAIS. Trop de tout, et trop de tout tout le temps. Cette dernière section concerne une bonne partie d’entre-nous, insatisfaits humains.

Avec l’expérience je remarque que ça n’est pas tant l’objet concerné sinon la réflexion permanente que “quelque chose” ne va pas.

Moins de hanches, plus de hanches, moins de seins, plus de seins, moins de biceps, plus de biceps.

Un changement garçon.

Un changement garçon.
Un changement garçon.

Ce que j’étends par passer à l’action ici est simple ; cela veut dire reconnaître les limites intrinsèques de ce mode de pensée ou la satisfaction n’existe pas vraiment. Et quand je pose la question aux personnes, elles me répondent “après, ben je sais pas”.

Quand cela m’arrive, je me pose et j’imagine cet objet de frustration me transpercer, pour ensuite m’envahir. “Qu’est-ce que j’en attends” est souvent la question.

Une foi que ton égo aura été doucement brossé ; y trouveras-tu ton compte ?

Et non, la loterie génétique c’est toi et moi; ton corps t’appartiens, prends-en la responsabilité. Pour beaucoup le choix est alors fait (bêtement ?) de prendre de l’hormone de croissance, du synthol ou encore des inhibiteurs de somatostatine… bref de se perdre dans une course sans fin pour que le corps devienne l’objet fantasmé.

Si tu es dans ce cas de figure, je repose la question : qu’attends-tu du sport ?

Si tu attends qu’il te fasse te sentir bien, mieux dans tes baskets, comprends que le sport ne te donnera pas le corps de rêvE. (remarque le E majuscule), parce que ce rêve change souvent.

Dans mon dernier rêve, j’étais seul dans un vaisseau, à des années lumière de la terre, entouré de tous les livres de l’univers. J’avais sur moi la tenue du capitaine Kirk, en lisant un passage de K. DIck.

Dans mon dernier rêve, j'étais seul dans un vaisseau, à des années lumière de la terre, entouré de tous les livres de l'univers. J'avais sur moi la tenue du capitaine Kirk, en lisant un passage de K. DIck.
Dans mon dernier rêve, j’étais seul dans un vaisseau, à des années lumière de la terre, entouré de tous les livres de l’univers. J’avais sur moi la tenue du capitaine Kirk, en lisant un passage de K. DIck.

Je peux te prescrire le médicament, mais pas forcer la prise.

L’action ici ? Repousse les conceptions de ce que tu pensais avoir compris sur ta vie, sur ce que tu attends, et accepte de grandir tout simplement. T’accepter quoi.

Mais c’est “trop compliqué” ou “tu ne comprends pas”, bien évidemment que je ne connais pas ta vie, mais dans la mienne et dans celle de beaucoup d’autres, arrêter de nager à contre-courant marche bien.

Un shaker ou deux pour te donner la force mon ami.

Maintenant que tout est fait ou tout est en place, tu peux passer à l’….

4- Analyse.

Analyse de que tu as appris sur toi, sur les autres, sur la réalité des choses, tu peux siroter ton Coca. Mais ça n’est pas fini ! Non l’analyse permet d’apprendre et retenir sa leçon de vie un peu. Par exemple que ton entourage tiens à toi; que ton patron est comme toi; que si c’est le biceps ou les cuisses aujourd’hui, ça sera le dos ou les fesses demain.

Enfin quoi qu’il en soit ; l’analyse permet aussi de prendre le recul nécessaire pour mieux se connaître; apprendre de ses erreurs et se détendre ; tout ira bien.

Analyser signifie simplement la décomposition d’un tout en différents éléments ; et leur mise en relation.

Le tout ici : le plateau. Les éléments : l’ensemble des facteurs qui on fait exister ce plateau.

L’analyse est aussi le temps des bilans; l’opportunité de créer ou valider son système de croyances et ses principes. Peut-être même l’enrichir.

Par exemple, comprendre que l’on “ne deviens pas gros en un jour” ou que le poids qui stagne appelle au changement.

Attention, l’analyse doit être enrichissante, cela veut dire qu’il faut éviter les anciens schémas de pensée néfastes et souvent lourds sur le plan psychologique ou physique.

Je trouve l’analyse post-mortem très bénéfique, parce que dans le feu de l’Action, on se focalise uniquement sur le chemin le plus court et le plus efficace ; mais ça n’est pas forcément le “meilleur”.

Par exemple ; réduire de manière drastique sa consommation de calories avant une compétition est le plus efficace, mais pas le meilleur. Le meilleur aurait pu être de manipuler ses niveaux d’électrolytes ou de glycogène.

Se séparer brutalement est le plus efficace, le “meilleur” aurait été d’être honnête en premier lieu.

Enfin l’analyse doit te permettre de devenir plus expert, plus stratège, plus fin; dans ce que tu fais ou dis.

En résumé, garde en tête le principe suivant pour traverser un plateau en douceur :

  1. L’identifier, pour…
  2. Se préparer à…
  3. Agir, et …
  4. Analyser.

Avec tout ça, tu ne devrais plus avoir aucun mal à avancer dans la vie;  ou ton domaine du moins.

Pour le reste…


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