Troubles du comportement alimentaire

Dans ce dossier, découverte des troubles du comportements alimentaire, ou TCA , qui concernent une grande partie de la population sportive, les adolescents mais surtout les adolescentes.

  • Longueur : ~ 4200 mots
  • Temps de lecture : 15/20 minutes

Au sommaire

  1. L’anorexie
    1. Critères de diagnostic
    2. Quelles sont les causes de l’anorexie ?
    3. Quelles sont les effets de l’anorexie ?
    4. Le traitement de l’anorexie
    5. Conséquences à long terme
  2. La boulimie
    1. Critères de diagnostic
    2. Conséquences
    3. Traitement de la boulimie
  3. Les troubles divers de l’alimentation
  4. Conclusion
  5. Références citées

Avant de discuter des troubles du comportement alimentaire, je vais présenter le trouble lié, qui est celui du problème d’image, ou de la perception de soi.

Les médias nous diffusent en permanence un idéal de beauté, qui est un idéal considérant la minceur comme quelque chose d’attirant et de tendance; une chose vers laquelle nous devrions tous tendre. Des études ont à ce propos montré une importante baisse de l’indice de masse corporelle chez les “miss”, et ce depuis le lancement de ces concours, en 1922.

Et c’est dans la même tendance, que plusieurs études ont fait mention de jeunes enfants (âgés de 10 ans ou moins), commençant déjà à se restreindre, et ce par crainte de devenir trop gros.

Le développement du trouble de l’image se fait, lorsque la personne conçoit son estime personnelle, ainsi que ses valeurs au travers de son apparence physique ; et c’est quand cette personne place au centre de sa vie ce fort lien affectif vis-à-vis de son apparence que le développement des TCA se fait. Bien que plusieurs populations soient concernées par les TCA, au derniers recensements, les jeunes femmes, issues de classes moyennes ou classes supérieures moyennes représentent 90 à 95% des personnes concernées .

Encore à ce jour, peu d’analyses ou de recherches ont été publiées concernant les TCA chez les jeunes hommes, et les études récentes, soutenant cette tendance ; mettent quand même en avant une progression chez les jeunes adultes, progression qu’il serait possible de corréler avec l’émancipation masculine ou le culte grandissant de l’image ; poussant alors ces mêmes hommes à souffrir des mêmes troubles.

Les TCA sont quelque chose qu’il est assez difficile à mesurer, donc de catégoriser, et ce de manière précise, parce qu’il reste encore assez difficile de diagnostiquer une personne en étant atteinte ou non ; et c’est cela qui explique la disparité des chiffres.

En France, on estime qu’une femme sur dix souffre d’un TCA, et aux états-unis, d’après l’American Psychiatric Association, 2 à 3% des jeunes femmes seraient concernées par ce phénomène. Il est alors possible de penser que sans les critères de cette association, les véritables chiffres pourraient s’avérer êtres plus importants.

Les TCA, qui englobent plusieurs troubles, permettent l’établissement d’un premier niveau de qualification, mais on trouve chez les personnes atteintes de TCA des comportements typiques bien différents, plus ou moins dangereux, ou plus ou moins difficiles à vivre pour la personne.

Les catégories évoluent encore à ce jour, mais il en existe au moins trois pour lesquelles la recherche et les suivis ont été suffisamment effectués, permettant alors de valider ces catégories :

  1. L’anorexie, ou “anorexia nervosa”
  2. La boulimie, ou “bulimia nervosa”
  3. Les troubles divers de l’alimentation divers, regroupant plusieurs types

Je vais dans ce dossier présenter et élaborer les trois catégories.

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L’anorexie

La minceur, si poussée à son extrême peut être dangereuse, voire mortelle. Et quand il s’agit des personnes atteintes d’anorexie, c’est le trouble psychiatrique présentant le plus haut taux de mortalité [1], et lorsque les personnes en étant atteintes ne sont pas prises en charge correctement, 18 à 20% des personnes en décèdent, et ce dans une période de 20 ans [2][3]. Et parce que la plupart des personnes concernées jeunes, beaucoup n’ayant pas encore atteint la puberté, cela signifie donc que les personnes décèdent souvent avant les 30 ans.

L’anorexie a été présentée il y a 100 ans de cela comme “la perte d’appétit dû à une mentalité morbide”, mais c’est une définition inadéquate, et ce parce que les personnes en étant atteintes ne perdent que rarement l’appétit, et ce tant qu’elles n’ont pas atteint un point de détérioration de leur santé. Les personnes anorexiques maintiennent une course à la minceur, les conduisant alors à tout faire pour maintenir un physique très fin, au travers d’une alimentation réduite de manière volontaire, ou encore la pratique excessive d’une activité physique. Les individus souffrant d’anorexie ne se voient pas comme elles sont réellement, et redoutent la prise de poids, tout comme il semblerait que les personnes atteintes d’anorexie soient de nature perfectionnistes, conduisant alors ces individus à repousser leurs limites. Parfois, ces mêmes personnes accordent une grande importance à l’environnement dans lequel elles se trouvent, et cette image faussée dépend dans une grande mesure sur ce que les coachs, professeurs, ou encore amis disent ou pensent.

Critères de diagnostic

Il y en a plusieurs, et certains sont toujours en cours d’évolution:

  • Le refus de maintenir un poids de forme, qui est une moyenne en fonction de l’âge et de la taille.
  • Une peur irrationnelle de prendre du poids ou devenir “fort”, et ce malgré un poids déjà bien en dessous de la moyenne.
  • Une forte attache affective à la perception et l’expérience du corps, ou encore un déni des risques que la maigreur impliquent.
  • Les femmes souffrent aménorrhée (primaire ou secondaire parfois), qui est l’absence d’au moins trois cycles menstruels.

Les personnes souffrant d’anorexie sont également classées en deux catégories, que sont :

  • Le comportement restrictif, comportement pour lequel la personne anorexique ne pratique ni hyperphagie boulimique, qui est l’absorption d’une quantité importante de nourriture, ni comportements purgatifs (comme les vomissements forcés, ou prise de laxatifs)
  • Le comportement hyperphagique/ purgatif : la personne souffrant d’anorexie pratique l’hyperphagie, mais également un ensemble de comportements purgatifs ; comme la prise de laxatifs ou les vomissement forcés.

Enfin, ajoutons une forte préoccupation et attention envers la nourriture ou bien l’alimentation en général, comme quelque chose d’effrayant, conduisant alors la personne à ne plus savoir adopter une alimentation “normale”, mais plutôt des allers-retours avec des épisodes de restrictions ou bien l’extrême opposé.

Quelles sont les causes de l’anorexie ?

Et bien, l’on ne sait pas véritablement quels sont les facteurs précurseurs à cette maladie, mais l’on sait qu’il s’agit d’une maladie trouvant son origine dans plusieurs facteurs, englobant au moins deux aspects communs chez les personnes anorexiques:

  • Un intérêt prononcé pour l’apparence et une forte préoccupation envers l’alimentation et la nourriture.
  • Une importante définition de soi-même et de sa perception au travers des relations avec d’autres personnes.
  • Enfin, parmi les précurseurs ou potentiels déclencheurs de l’anorexie, citons :
  • Le développement durant l’adolescence, et la puberté.
  • Les problèmes relationnels, comme les divorces ou une relation malsaine.
  • La sexualité, comme vécue et expérimentée.
  • Son estime de soi.
  • Des comportements névrotiques, comme la compulsion.

Certaines études ont également tenté de comprendre si oui ou non il s’agissait d’une maladie génétique. Dans beaucoup de cas, la perte initial de poids ne se fait pas suite à un restriction volontaire et forcée ; au contraire, il peut s’agir d’une maladie. Alors que la maladie (comme des troubles gastro-intestinaux) initie la perte de poids, c’est ensuite que l’activité physique ou la restriction vont prolonger cette perte initiale. Cette perte de poids devient alors un objectif dans la vie, et ce surtout durant les périodes stressantes, comme par exemple des relations conflictuelles ou une situation professionnelle difficile, c’est à dire quand la personne ressent une forte pression ; et qu’elle essaie alors de transférer la gestion de ce stress au travers de cette perte de poids imposée.

Les personnes souffrant d’anorexie s’investissent également, afin d’apprendre le contenu calorique des aliments, la composition macro-nutritionnelle ; ou encore la dépense énergétique que représente telle ou telle activité physique. Et parce que l’image qu’elles ont d’elles-mêmes est déformée et qu’elles ont une peur irrationnelle de prendre du poids, les personnes anorexiques finissent par atteindre une émaciation (ou maigreur) ou bien finissent par décéder, si la prise en charge ne se fait pas à temps.

Quelles sont les effets de l’anorexie ?

Les effets de l’anorexie sont en tout point similaires à ceux de la famine (c’est à dire une sévère déficience en protéines principalement, et une balance énergétique négative, provoquant une autophagie des organes), le développement des organes diminue ou s’arrête, la masse musculaire, adipeuse et osseuse diminuent, les organes perdent du poids, cela entraîne donc un fonctionnement altéré du corps. Citons le ralentissement de l’activité cardiaque, un pouls devenant irrégulier ; ou encore le ralentissement des mouvements péristaltiques (ce sont les contractions permettant le mouvement des aliments au sein des intestins), et ce parque les muscles finissent par s’atrophier, la digestion est donc plus longue et plus difficile.

Les sucs gastriques et les enzymes digestives sont produits en moins grande quantité, rendant alors la digestion douloureuse et conduisant alors à une douleur à l’estomac, et ce même lorsque des petites quantités de nourritures sont consommées.

Dans le plasma sanguin, les niveaux d’hormones et la présence des nutriments diminue également. La peau s’assèche et les cheveux tombent, la température corporelle diminue, et enfin les poils poussent sur les bras ou le visage de manière plus importante.

La liste ci-dessous présente les nombreuses répercussions que l’anorexie peut avoir sur le corps de la personne en souffrant :

(Troubles)

  • Gastro-intestinaux : distension gastrique et constipation
  • Cardiovasculaires : atrophie du coeur, bradycardie, hypotension, arythmie, prolapsus de la valve mitrale et oedème périphérique.
  • Métaboliques/ endocriniens : aménorrhée et basse température corporelle.
  • Hématologiques : anémie.
  • Squelettiques : fractures et ostéoporose prématurée.
  • Musculaires : perte de la masse musculaire.
  • Cervicaux : activité électrique anormale et confusion.

Comment traiter l’anorexie ?

Le traitement de l’anorexie est multi-disciplinaire, et nécessite plusieurs corps de métiers différents, comme des physiciens spécialisés, des diététiciens, des médecins, des psychologue, des thérapeutes, ainsi que des psychiatres. De plus, il est nécessaire que la famille ou l’entourage accompagne la personne durant sa prise en charge. En fonction de la sévérité, la personne sera ou non internée dans un centre spécialisé. Pour établir cela, un ensemble d’évaluation sont effectuées, comme l’environnement social, la motivation du patient, sa santé (en particulier la santé cardiaque) [4, 5].

Le principal étant le rétablissement de la personne, il s’agit d’un contrat qu’elle signe avec ces différents professionnels de santé, décidant alors des différentes options qui seront possibles pour accompagner le patient.

D’après les analyses ayant été faites concernant le rétablissement des personnes, avec une prise en charge adéquate, 40 à 50% des personnes en guérissent totalement ; 30% améliorent grandement leur santé mentale et physique ; 20 à 25% des individus continuent de souffrir de certains troubles et ce de manière chronique ; et enfin, 10 à 15% finissent par décéder de complications, de malnutrition [6, 7, 8], ou encore de suicide.

Le taux de mortalité est le plus élevé chez les personnes ayant perdu une importante quantité de poids , celles souffrant de cette maladie durant une période de temps importante , ou encore les personnes ayant développé cette maladie à un âge avancé [9, 10, 11].

Conséquences à long terme

Les conséquences à long terme de l’anorexie est l’ostéoporose, se manifestant de manière prématurée, et ce plus rapidement que les personnes ne souffrant pas d’anorexie. Cette ostéoporose est liée avec deux choses : l’aménorrhée ainsi que la perte de poids. Parmi les facteurs contribuant au développement de cette ostéoporose et aux différents problèmes dont la personne anorexique souffre, citons :

  • Une baisse de l’énergie.
  • Une carence en vitamine D ainsi qu’en calcium.
  • Des concentrations diminuées d’oestrogène dans le sang.
  • Une forte présence de cortisol dans le sang.
  • La diminution de somatomédine C; ou IGF-1 en anglais.

Les adolescents souffrant d’anorexie ont également moins de chance de connaître le développement optimal de la masse osseuse, et ce parce que le développement des os est ralenti, et la réparation de la masse osseuse est diminuée. La densité minérale finit donc par diminuer ; l’ostéoporose se manifeste donc plus rapidement, et les risques de fractures augmentent [12, 13]. Des études ont montré que la densité minérale peut être corrélée avec l’âge à partir duquel la personne a commencé à souffrir d’anorexie. Alors que la prise de poids et le retour des menstrues peuvent contribuer à l’amélioration de la densité minérale osseuse, il semblerait que les os ne rattrapent pas le retard de développement [14]. Des études, toujours en cours, tentent de développer des nouvelles thérapies médicamenteuses, et ce afin de traiter l’ostéoporose se manifestant chez les personnes anorexiques.

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La boulimie

La boulimie est un autre TCA, qui se manifeste par des épisodes récurrents d’hyperphagie , couplé à des comportements purgatifs, comme les vomissements, l’utilisation de laxatifs, diurétiques, et d’autres médicaments pouvant empêcher la prise de poids. L’hyperphagie est caractérisée par le sentiment de perte de contrôle durant ces épisodes. L’hyperphagie se définit comme la consommation d’une importante quantité de nourriture, plus importante que ce que la plupart des personnes consommeraient dans les mêmes circonstances [15]. Les comportements boulimiques sont associés à un appétit “anormal” (c’est à dire qui s’étends bien au-delà de la fin physiologique), associé à une incapacité à contrôler sa consommation de nourriture.

Critères de diagnostic

Comment diagnostiquer une personne boulimique ? Plusieurs critères ont été mis en place afin de diagnostiquer les personnes boulimiques :

  • Des épisodes récurrents d’hyperphagie. Un épisode d’hyperphagie se définissant comme consommation d’une importante quantité de nourriture (en deux heures ou moins) que les personnes non-boulimiques ne consommeraient pas.
  • La perte de contrôle durant ces épisodes d’hyperphagie.
  • Des comportements dits compensatoires, inappropriés ; afin d’empêcher la prise de poids. Il peut s’agir de la prise de laxatifs, médicaments, la pratique excessive d’une activité physique ; ou encore le jeûne forcé.
  • Ces comportements arrivent au moins deux fois par semaine, et ce durant trois mois.
  • La personne attribue une importante partie de son estime personnelle à son apparence physique.

Les personnes souffrant de boulimie sont également classées en deux catégories, que sont :

  • Le comportement purgatif : la personne souffrant de boulimie pratique des comportements purgatifs ; qu’il s’agisse de vomissements, ou la prise de laxatifs.
  • Le comportement non-purgatif : durant les épisodes de boulimie, la personne ne se livre pas à des comportements purgatifs, mais elle se livre quoi qu’il en soit à des comportements restrictifs, comme la pratique excessive d’une activité sportive ; ou la pratique du jeûne.

La boulimie concerne surtout les jeunes femmes, en particulier chez les étudiantes, de poids normal, ou légèrement en surpoids. Contrairement à la personne souffrant d’anorexie, la personne boulimique ne cherche pas à tout prix à devenir très fine, elles tentent plutôt de s’alimenter de manière importante, et ce sans prendre du poids [16]. Il est important de bien comprendre la distinction. Dans les causes liées, citons le traumatisme suite à un abus sexuel, la consommation de drogues diverses, le diagnostic d’un dépression, des problèmes familiaux, ou encore l’alcoolisme [17, 18].

La boulimie se manifeste souvent lorsque la personne essaie de perdre du poids, et durant ce régime, la faim se manifeste de manière incontrôlée. C’est une trop forte restriction alimentaire durant cette période qui souvent déclenche les premiers épisodes d’hyperphagie. Lorsque la personne se rends compte qu’il est possible de “défaire” la conséquence de cette hyperphagie (en se faisant vomir par exemple), une habitude se mets alors en place : la personne boulimique se livre alors à cette pratique, non plus lorsqu’elle a faim, mais également lorsqu’elle expérimente du stress ou une forte charge émotionnelle [19, 20]. La plupart des épisodes d’hyperphagie se produisent en privé, en après-midi ou le soir, avec une consommation de nourriture pouvant dépasser les 3500 calories [21, 22]. La personne consommera des aliments sucrés, des desserts et collations, habituellement riches en glucides.

C’est une fois que les épisodes sont passés que la personne expérimente une certaine culpabilité, quant il s’agit de discuter de cela, avec les amis proches ou encore l’entourage [23].

Le diagnostic est souvent fait basé sur les symptômes que la personne a elle-même remonté, rendant alors l’évaluation difficile.

Boulimie : conséquences

Quelles sont les conséquences et répercussions sur la santé de la personne souffrant de boulimie ?

(Troubles)

  • Gastro-intestinaux : érosion dentaire, caries, gorge irritée, déchirures à l’oesophage, déchirures à l’estomac, constipation ; et syndrome du côlon irritable.
  • Cardiovasculaires : arythmie.
  • Respiratoires et squelettiques : pneumonie d’aspiration, fracture des côtes.
  • Métaboliques/ endocriniens : aménorrhée, ou cycles irrégulier ; et déséquilibre en électrolytes.

Le tube digestif s’abîme à cause de l’abus de laxatifs ou vomissements répétés ; et ces derniers peuvent également provoquer d’autres lésions, comme des lésions à la peau ou encore des cors. L’abus de laxatifs favorise le déséquilibre des électrolytes ; provoquant alors une arythmie ou encore un arrêt cardiaque.

Pour le professionnel de santé, la présence de cors sur les mains, la gorge enflée ; ou encore le passage fréquent aux toilettes après les repas, sont d’autant de signes indiquant que la personne pourrait souffrir de boulimie.

Traitement de la boulimie

Le traitement de la boulimie, tout comme celui de l’anorexie, nécessite plusieurs professionnels de santé. L’objectif sera celui d’éliminer la pratique de l’hyperphagie et des comportements purgatifs: la mise en place de nouvelles habitudes alimentaires ; la stabilisation du poids ; et enfin le rétablissement des menstrues si ces dernières ont été affectées par les comportements boulimiques [24].

Il y a de fortes chances que la personne finisse pas être interné ou hospitalisé si elle expérimentes un trop important déséquilibre en électrolytes, si il y a un abus de la consommation de laxatifs ou diurétiques.

Enfin, quand il s’agit du taux de guérison, les chiffres sont plus ou moins similaires que pour les personnes souffrant d’anorexie, avec 50% des personne se rétablissant totalement, 25% expérimentent toujours des comportements liés à la boulimie, et enfin 30% conservent un TCA [24].

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Les troubles de l’alimentation

Dernière catégorie, les troubles de l’alimentation. C’est une catégorie qui englobe plusieurs comportements, et les personnes ayant ces troubles ne sont ni diagnostiquées anorexiques ou boulimiques. Cependant, ces personnes développent de manière similaire une peur irrationnelle de prendre du poids, une alimentation restrictive, parfois des épisodes d’hyperphagie suivis de comportements purgatifs se mettent en place ; et enfin, ces personnes ont une image faussée d’elles-mêmes [25].

Les critères suivants sont utilisés pour définir une personne comme souffrant d’un trouble de l’alimentation :

  • Pour les femmes, les mêmes critères que ceux des personnes anorexiques sont présents, à l’exception de la perte des menstrues.
  • Toujours à l’image des personnes anorexiques, tous les critères sont présents, à l’exception d’un poids en dessous de la moyenne (et ce même si beaucoup de poids a été perdu).
  • Tous les critères utilisés pour diagnostiquer une personne boulimique sont présents, à l’exception des pratiques hyperphagiques ou purgatives, qui surviennent moins de deux fois par semaine ; ou bien durant moins de trois mois.
  • La pratique d’un comportement inapproprié par la personne, après la consommation de nourriture, et ce même en petite quantité (par exemple, se faire vomir après la consommation de quelques biscuits).
  • La personne mâche et régurgite d’importantes quantités de nourriture, mais sans avaler.
  • Episodes d’hyperphagie, sans forcément d’épisode purgatifs de manière systématique.

Ces troubles de l’alimentation sont communs chez les femmes athlètes, et c’est un trouble faisant partie de ce que l’on nomme la triade de la femme sportive ; triade de la sportive ou encore triade de la femme athlète. J’utiliserais l’acronyme TFA.

La TFA est définie comme la combinaison d’un trouble de l’alimentation, l’aménorrhée, et de l’ostéoporose. la TFA a été définie pour la première fois en 1992 [26]. Ce trouble se retrouve particulièrement chez les sportives pratiquant un sport pour lequel l’apparence physique joue un important rôle ; ou encore les sports pour lesquels trop de poids aura un impact négatif sur la performance sportive.

Parmi les sports concernés, citons :

  • Les marathoniennes
  • Les gymnastes
  • Les danseuses de ballet
  • Les nageuses

Cependant, il ne faut pas catégoriser, parce que beaucoup de femmes sont perfectionnistes, et souffrent de la pression sociale de devenir fines à tout prix, toutes les sportives peuvent êtres sujettes au TFA [27]. On estime à ce jour une prévalence de 15 à 62%, mais le trouble du comportement alimentaire varie grandement ; et ce parce que les comportements dont font preuve certaines sportives ne rentre pas nécessairement dans les qualifications utilisées pour les TCA.

Par exemple, pour perdre ou maintenir un poids de compétition, certains athlètes diminuent fortement leur apport en nourriture, d’autres consommes des diurétiques ou laxatifs. Enfin, certains athlètes présentent des comportements typique de boulimie (hyperphagie juste avant des vomissements imposés).

Catégorie qui sembleraient être plus concernée par ce phénomène que d’autres : le culturisme (ou bodybuilding), et ce parce que l’apparence physique est au centre de ce sport. Nombreux sont les culturistes étant boulimiques, hyperphagiques, et n’hésitant pas à abuser d’un ensemble de substances, ou régimes imposés…conduisant fatalement à des épisodes d’hyperphagie. C’est une tendance que l’on observe plus particulièrement durant les périodes de compétition ; périodes durant lesquelles le sportif se sous-alimentera pour grandement réduire son taux de masse grasse.

Alors que seulement 2 à 5% de la population souffrent d’aménorrhée, ce sont jusqu’à 66% des sportives qui peuvent en souffrir [28]. L’aménorrhée dont souffrent les sportives peut aussi bien être primaire ou secondaire. L’aménorrhée primaire se caractérise lorsqu’une personne n’a toujours pas eu de menstrues et ce jusqu’à l’âge de 14 ans; l’aménorrhée secondaire se définit par l’absence de menstrues (de trois à six cycles menstruels), alors qu’elles étaient présentes et régulières auparavant. Encore à ce jour, le lien précis entre aménorrhée et TCA reste à définir. Cependant, voici les phénomènes pouvant expliquer l’aménorrhée :

  • Intense activité physique
  • Stress constant
  • Anxiété
  • Faible taux de masse grasse
  • Fortes fluctuations du poids
  • Alimentation inappropriée à l’activité physique, c’est à dire une alimentation trop hypocalorique

Ces différents facteurs conjugués pourraient conduire à un changement dans la libération des hormones, citons par exemple l’hormone folliculo-stimulante ou l’hormone lutéinisante, qui à leur tour influent sur la libération d’oestrogène et de progestérone (en plus d’autres hormones), ce qui provoque l’aménorrhée. Et c’est l’aménorrhée qui à son tour conduit à d’autres problèmes médicaux.

Quelles sont les complications qu’un déficit en oestrogène peut provoquer ?

La première complication est l’impact de ce déficit sur le système squelettique, les sportives souffrant de TCA ainsi que d’aménorrhée augmentent leurs chances de souffrir d’ostéoporose, et pour les jeunes athlètes, cela se manifeste par une perte prématurée de la masse osseuse, une mauvaise formation osseuse ; ou encore le développement de problèmes orthopédique ou bien de nombreuses fractures [29]. Ajoutons enfin qu’un haut taux de cortisol est quelque chose de commun chez les athlètes, en plus d’une pratique sportive intense , et cela contribue à la perte de osseuse.

Alors que les sports utilisant des poids favorise la minéralisation osseuse, l’impact positif est grandement diminué lorsque les niveaux d’oestrogène sont bas [30]. Chez le jeune athlète, cela l’empêche donc d’atteindre un développement optimal de la masse osseuse. Les études ont montré que 50% des athlètes souffrant d’aménorrhée avaient également une faible masse ou densité osseuse [17, 31]. Comme expliqué plus haut, bien que la guérison de ces TCA puisse permettre l’amélioration de la masse osseuse, la perte associée à l’aménorrhée, le développement osseux peut ne pas se faire totalement [26].

L’identification en amont d’une personne souffrant d’un TCA est un élément crucial si l’on souhaite éviter de graves complications ; et tout comme les personnes souffrant d’obésité, celles souffrant d’anorexie, de boulimie, ou encore d’autres TCA ; les complications et répercussions sur la santé sont bien là, et le décès n’est pas quelque chose de rare.

La guérison passe par l’accompagnement et la prise en charge de plusieurs professionnels de santé ; mais en plus de cette prise en charge, c’est aussi l’image et les valeurs que nos sociétés véhiculent qui doivent êtres corrigées et changées [32].

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Conclusion

Les troubles du comportement alimentaires, ou TCA sont encore quelque chose de méconnu au sein de la population. Souvent liés à la perception de soi, au tendances et images que la société véhicule, ou encore les contraintes qu’un sport impose, les TCA ; si non traités et pris en charges ; exposent la personne à de sérieux problèmes de santé, qu’il s’agisse de problèmes osseux, hormonaux, cardiaques, ou encore respiratoires.

La personne anorexique, vivant au travers d’une image faussée d’elle-même, et accordant un grande part à son apparence physique pour le développement de son identité, cherchera a se restreindre toujours plus, et perdre du poids, et ce même si cette perte occasionne de graves problèmes sur la santé.

Pour la personne boulimique, de nombreux facteurs environnementaux semblent expliquer ces comportements. Les épisodes d’hyperphagie ou de vomissements répétés peuvent conduire à différentes lésions et différents problèmes de santé.

Pour ces deux catégories, sans accompagnement par des professionnels de santé, le suicide ou le décès ne sont pas impossibles, mais avec une prise en charge en amont, un peu moins de la moitié des personnes en guérissent.

On retrouve d’autre TCA au sein de la population sportive, et plus particulièrement chez les sportives, risquant alors de souffrir de triade de la femme sportive. L’ostéoporose ou encore l’arrêt des cycles menstruels sont des phénomènes qui se produisent souvent. Les culturistes ou bodybuilders sont particulièrement concernés par les TCA, et ce parce que l’apparence physique est l’objet même de ce sport.

Il convient donc, en plus d’assurer une suivi adéquat, et complet, de questionner et corriger les thèmes et images que nos sociétés véhiculent en permanence ; ces dernières étant en grandes partie responsables du développement des ces TCA.

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Références citées


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