Les besoins de la femme enceinte

Sujet rarement discuté (moins que les besoins en protéines en tout cas !), les besoins de la femme enceinte.

Doit-elle manger plus ? Prendre des compléments ? Ou encore, s’alimenter de manière particulière ?

Avant toute chose : nous ne sommes pas médecins et seul votre médecin, possédant votre historique de santé sera le mieux à même de vous indiquer la meilleure démarche pour vous et votre futur enfant.

Nous pouvons bien entendu passer à côté d’un détail dans votre cas, et qui pourrait être tout à fait pertinent. Votre gynécologue ou votre médecin généraliste pourra vous diriger vers un obstétricien en fonction de la situation. Considérez-donc cet article comme des grandes lignes directrices, rien d’autre.

Le premier conseil est bien évidemment d’éviter la prise de tout intoxicant (tabac, drogues, alcool, médicaments inutiles, etc..) dont les effets sur votre santé et donc cette de votre enfant sont évidents.

Gardez en tête que tout ce que vous consommez finira par arriver en grande partie dans le foetus, alors, plus que jamais, vous ferez attention à ce que vous consommez.

A retenir

  • La caféine traverse le placenta, et agit donc sur le système nerveux de votre enfant.
  • Chez la femme enceinte, la caféine est active entre 9 et 11 heures, mais plus de 100 heures dans le foetus.
  • Une seule étude récente a mis en corrélation une forte consommation de caféine et l’augmentation du risque de fausses couches, et ce indépendamment des symptômes propres à la grossesse.
  • La consommation de 4000 UI/jour de vitamine D est  adaptéa pour la santé de la mère ainsi que celle de l’enfant.
  • Les médecins ont l’habitude de prescrire une supplémentation en B9 aux femmes enceintes, afin d’éviter les malformations du tube neural.
  • Durant la période de grossesse, il est déconseillé de changer sa diète de manière drastique.

La caféine

Peu évoqué, les effets du café chez la femme enceinte. Beaucoup de physiciens et spécialistes conseillent de limiter votre consommation de caféine à 200-300 mg/jour Une trop forte consommation de caféine pourrait être impliquée dans l’allongement de la durée de gestation. De plus, vous augmenteriez les risques de fausse couche et de déformations à la naissance.

La caféine traverse le placenta, et agit donc sur le système nerveux de votre enfant. Chez la femme enceinte, la caféine est active entre 9 et 11 heures, mais plus de 100 heures dans le foetus et ce parce que l’enfant en cours de développement ne possède pas encore les enzymes nécessaires pour son élimination.

Une consommation inférieure à 300 mg/jour serait admise ; mais attention, les processus impliqués dans la prise de caféine ne changent pas parce que la dose est réduite ! La café reste un puissant stimulant, qui peut quoi qu’il en soit compliquer la naissance. Encore une fois, comme la caféine traverse le placenta, les effets que vous ressentez après la consommation de caféine sont ceux que votre enfant pourrait ressentir (accélération du rythme cardiaque par exemple).

Il s’agit de caféine et non de café, la recommandation s’appliquerait donc aux produits contenant de la caféine (glaces, boissons énergisantes, etc..)

Certaines études ont été menées sur le sujet, l’étude High caffeine consumption in the third trimester of pregnancy: gender-specific effects on fetal growth.1 a montré qu’une forte consommation de caféine durant le troisième trimestre pourrait être à l’origine d’un retard dans le développement du foetus, et en particulier si il s’agit d’un garçon mais d’autres études menées sur le sujet ont mis en avant un manque de causalité entre trop forte consommation de caféine et développement du foetus.

La seule étude récente que j’ai trouvé, datant de 2008, a mis en corrélation une forte consommation de caféine (plus de 200mg/ jour) et l’augmentation du risque de fausses couches), et ce indépendamment des symptômes propres à la grossesse.

Soyez prudentes avec la consommation de caféine et appliquez le principe de précaution.

La Vitamine D

Près de 80% des français seraient touchés par un manque de Vitamine D, mais qu’en est-il alors pour la femme enceinte ?

Une étude a été menée sur 162 femmes, divisées en 3 groupes : pour le premier groupe, une dose de 400 UI a été administrée, le deuxième a reçu 2000 UI et le troisième 4000 UI. Au bout de la 12e semaine et jusqu’à la naissance, le taux de vitamine D dans le plasma sanguin a été mesuré.

Ce que les chercheurs ont constaté c’est que le premier groupe n’a pas pu avoir dans le sang un taux de vitamine D normal, taux supérieur à 32 ng/mL. Une faible proportion des femmes qui ont reçu les 2000 UI ont pu avoir suffisamment de vitamine D dans le sang, enfin pour le troisième groupe, la majorité des femmes ont pu avoir le taux nécessaire. Cette étude a menée à la conclusion que la consommation 4000 UI/jour est adaptée pour la santé de la mère et de l’enfant. Notez que 4000 UI/ jour ne représentent aucun danger pour votre santé.

La Vitamine B9

C’est une vitamine qui joue un rôle fondamental dans le développement du système nerveux et à la synthèse de l’ADN. Les médecins ont l’habitude de prescrire une supplémentation en B9 aux femmes enceintes pour éviter les malformations du tube neural, bien que ces malformations puissent être traitées (opérations à la naissance), ce sont des malformations qui peuvent êtres graves.

Cette recommandation a mené de nombreux pays à ajouter de la B9 dans les aliments, version synthétique des folates que l’on trouve dans les aliments. La B9 est digérée et convertie en acide lévoméfolique (ou acide 5-méthyltétrahydrofolique), forme active de la vitamine B9 par une enzyme, la MTHFR ; mais cette enzyme n’est pas capable de traiter une trop grande quantité d’acide folique ; vous vous retrouvez alors avec une forte quantité qui reste inchangée dans le corps, et les études à long terme sont encore manquantes. Vous privilégieriez donc les sources naturelles de folates, que sont :

  • Le foie de veau
  • Le foie de boeuf
  • Les lentilles
  • Les pois chiches
  • Les algues
  • Les asperges
  • Le persil

Concernant la supplémentation, vous maintiendrez un apport de 400 µg/jour, qui présente quoi qu’il en soit un bénéfice supérieur aux potentiels risques quand la consommation de vitamine B9 est inférieure.

Les conseils selon les Taoistes 

Médecine vieille de plus de 2600 ans, le taoisme est le système philosophico-religieux de la Chine. Bien que ces recommandations puisse nous paraître incongrues, ce sont celles que les médecins taoistes recommandent. Libres à vous ou non de les suivre. Dans The Great Tao, l’auteur, S.T Chang, donne des recommandations basées sur ses propres observations  :

  • Ne pas essayer de concevoir durant des périodes de forts vents ou de tempêtes.
  • Ne pas essayer de concevoir si le partenaire est malade ou faible.
  • Aucun des deux partenaires ne devrait être sous l’influence d’intoxicants – aussi bien par habitude que sur le moment.
  • Un enfant sera en bien meilleure santé si les relations sexuelles sont évitées durant la grossesse.
  • Si la conception est difficile, alors réduire l’activité sexuelle pourrait aider le corps à se renforcer. Les relations trop fréquentes pourraient affaiblir le système reproductif.

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Nutrition

Durant la période de grossesse, il est déconseillé de changer sa diète de manière drastique – et ce parce que les toxine libérées durant ce changement peuvent avoir un impact sur le bon développement du foetus.

Bien qu’il ne semble pas y avoir de règle à suivre, il n’est pas conseillé de « manger comme deux », mangez un peu plus que d’habitude (entre 300 et 600 calories par jour), et privilégiez les lipides, en particulier les Oméga 3 qui participent directement au développement du cerveau et de la rétine ; en particulier les DHA, impliqués dans le métabolisme des neurotransmetteurs.

La consommation de DHA traverse le placenta, ce qui veut dire que c’est bien votre consommation d’Oméga 3 qui déterminera l’apport pour votre futur enfant ; la conversion endogène de ALA vers les DHA n’étant pas efficace.

Privilégiez donc les huiles de poissons et les poissons gras. Attention cependant à la qualité des poissons, les poissons en fin de chaîne étant chargés en métaux lourds, mercure et toxine (PCB). Il est donc conseillé de ne pas dépasser la consommation de 340 grammes par semaine de poissons de mer.

Durant la grossesse, comme évoqué précédemment, les besoins en acide folique (qui va de pair avec la vitamine B12 pour la construction du sang et le développement du foetus) et en magnesium (essentiel à l’absorption du calcium) augmentent, et la consommation d’aliments complets, de légumes et de fruits (en modération) vous permettra d’apporter les nutriments nécessaires.

Pour les végétariens, une supplémentation en vitamine B12 est plus que recommandée ; pour les autres, évitez la surconsommation de vitamines en compléments, qui sont quoi qu’il en soit plus dangereux qu’autre chose quand ils sont consommés à trop forte doses.

Infographie

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Sources

  1. Vik T, Bakketeig, Trygg KU, Lund-Larsen K, Jacobsen G. High caffeine consumption in the third trimester of pregnancy: gender-specific effects on fetal growth. Paediatr Perinat Epidemiol. 2003 Oct;17(4):324-31.
  2. Sengpiel V et. al. Maternal caffeine intake during pregnancy is associated with birth weight but not with gestational length. BMC Med. 2013 Feb 19;11:42. doi: 10.1186/1741-7015-11-42.
  3. Xiaoping Weng, Roxana Odouli, De-Kun Li. Maternal caffeine consumption during pregnancy and the risk of miscarriage: a prospective cohort study. AJOG Volume 198, Issue 3, Pages 279.e1–279.e8
  4. Hoyt AT et. al. Maternal Caffeine Consumption and Small for Gestational Age Births: Results from a Population-Based Case-Control Study. Matern Child Health J. 2014 Aug;18(6):1540-51. doi: 10.1007/s10995-013-1397-4.
  5. Jaclyn M Coletta, Stacey J Bell, Ashley S Roman. Omega-3 Fatty Acids and Pregnancy. Rev Obstet Gynecol. 2010 Fall; 3(4): 163–171.
  6. Valenzuela A, Nieto MS.[Docosahexaenoic acid (DHA) in fetal development and in infant nutrition]. Rev Med Chil. 2001 Oct;129(10):1203-11.
  7. Michel Vernay et. al. Statut en vitamine D de la population adulte en France : l’Étude nationale nutrition santé. BEH 24 avril 2012 / n° 16-17
  8. Emergencydentistsusa.com. Dental Care & Pregnancy – Your Complete Guide

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